Johnny, La vie en rock, Frédéric Quinonero p.859
imprimer« J'ai encore tellement de choses à voir ...
... Vous, Madame,
Il est trop tôt pour notre rendez-vous.
Revenez plus tard »
[1]

Le bonheur selon Johnny Hallyday? « Aujourd'hui, je suis heureux de vivre, de faire ce que je fais, de profiter des gens que j'aime. j'ai deux petites filles et une femme formidables, une grande fille et un fils qui ont du talent. Je ne peux rien me souhaiter de mieux! Arrêter la scène? Je n'y arrive pas !» [2]

Il dit qu'il ne regarde jamais en arrière, mais l'idée l'a déjà traversé de revenir s'installer à Paris, dans le quartier qui l'a vu naître. La Trinité, la rue Blanche, Pigalle, pour lui, c'est l'air de Paris. Il n'est pas nostalgique, non, trop affairé à réfléchir à de nouvelles chansons, un prochain spectacle. Parfois, cependant, des images surgissent d'un passé insouciant, le magasin de musique en bas de la rue de la Tour-des-Dames, la première chemise en dentelle confectionnée par Mme Declercq, la voisine de palier. Toute sa vie a été une course folle, passée sur les routes, et il ne voit pas pourquoi ça s'arrêterait. Pour quoi faire? Planter des fleurs? Il est fait pour entendre les cris de la foule, le son des guitares, sentir le bois de la scène sous ses pieds. Donner des émotions aux gens, pour évacuer les siennes. Il dit que quand il entre en scène et que l orchestre commence à jouer, c'est chaque fois comme si la vie recommençait. Et il remercie le ciel, parfois, quand il y pense. Pour ces étoiles au-dessus de sa tête, cette chance qui est la sienne et dont il a conscience. Il n'est pas fait pour une existence au coin du feu. Il ne sait pas se contenter d'être Jean-Philippe Smet. Il est né pour devenir Johnny Hallyday. À plein temps. Même s'il déclare vouloir qu'on inscrive sur sa tombe, le plus tard possible, son nom de baptême. Il dit qu'il aimerait mourir au soleil, face à la mer, parce que c'est plus agréable. Mourir quand ses enfants auront grandi, qu'ils n'auront plus besoin de lui. Ceux qui l'aiment voudraient qu'il retienne la nuit jusqu'à la fin du monde. Qu'il ne meure jamais. Alors, pour eux, pour nous, il tient bon. Il nous fait croire que ça ne finira pas. Jamais. Il adore ça quand à ses pieds la foule scande son nom sur l'air des lampions. Sa drogue à lui, c'est son public. Né dans la rue, il mourra sur scène.


[1] « Vous Madame», 2007. Paroles et musique de Jacques Veneruso. Éditions Musicalement Vôtre/Pimiento Music (Passport Songs Music).
[2] TV Magazine, 6 juin 2013.

Johnny, La vie en rock, Frédéric Quinonero p.859

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